
Vous pilotez des achats B2B ou une place de marché et vous tombez sur des sigles qui n'apparaissent dans aucune formation. RFP, KYC, GMV, DPP, take rate, P2B, DAC7. Chacun de ces termes décrit une décision concrète, une obligation ou un indicateur. Ce glossaire achats B2B et marketplace rassemble quarante-huit d'entre eux, avec pour chacun la définition courte et le contexte d'usage.
Il se lit par entrée. Vous n'avez pas besoin de tout parcourir pour trouver ce que vous cherchez.
Avant de signer, une direction achats qualifie, compare et négocie. Sept notions décrivent ce travail, de la première consultation jusqu'à l'évaluation du fournisseur retenu.
Le RFI (Request for Information) qualifie un marché avant tout engagement. Il sert à identifier les fournisseurs capables de répondre, à comprendre leur positionnement et à affiner un cahier des charges. Aucune offre n'est demandée, aucune promesse n'est faite.
Sur une marketplace, le RFI se pose souvent au moment du recrutement des premiers vendeurs. Vous ne cherchez pas encore le meilleur prix. Vous cherchez à savoir qui existe.
Le RFP (Request for Proposal) demande aux fournisseurs une proposition détaillée, technique et financière. Il décrit le besoin, les critères de sélection et le calendrier d'attribution. C'est l'outil de la décision quand le sujet est complexe et que le prix n'est pas le seul critère.
Le RFP se distingue du RFQ (Request for Quotation), qui se concentre sur le prix de références précises. Un RFQ répond à la question combien. Un RFP répond à la question comment et à quel prix.
L'e-sourcing désigne la conduite des consultations fournisseurs sur un outil dédié. Il couvre la publication de l'appel d'offres, la collecte des réponses, la notation et l'attribution. L'e-auction est l'une de ses modalités. Elle organise une enchère en ligne entre fournisseurs préqualifiés, souvent à la baisse, pour des volumes ou des spécifications déjà fixés.
L'e-auction donne de bons résultats sur des achats standards et concurrentiels. Elle se prête mal aux sujets qui exigent de la conception, de l'innovation ou un partenariat de long terme.
L'accord cadre fixe les prix, les conditions et le périmètre d'un achat pour une durée donnée, sans engagement de volume précis. Le call-off est la commande qui s'appuie sur cet accord déjà négocié. Chaque entité de l'entreprise commande alors à ses besoins, dans le cadre prévu.
Cette combinaison évite de relancer une consultation à chaque besoin. Elle demande en contrepartie un suivi rigoureux des volumes et des échéances.
La matrice Kraljic classe les achats selon deux axes, le risque d'approvisionnement et le poids financier de la dépense. Elle distingue les achats stratégiques, qui cumulent risque et valeur, les achats de levier, à forte valeur et faible risque, les points de blocage, à faible valeur et risque élevé, et les achats courants.
Chaque segment appelle une posture différente. Les achats stratégiques demandent un partenariat, les achats de levier se négocient, les points de blocage se sécurisent et les achats courants se simplifient.
La due diligence est le processus qui vérifie qu'un fournisseur est bien celui qu'il prétend être et qu'il est capable de livrer au niveau requis. Elle couvre les contrôles financiers, les références et la conformité juridique de l'organisation.
Sur une marketplace, elle intervient avant l'ouverture des droits de vente. Elle conditionne la qualité de l'offre et la confiance des acheteurs.
Le supplier scorecard évalue un fournisseur sur des critères définis à l'avance, prix, qualité, délais, réactivité, conformité. Les critères sont pondérés selon les priorités de l'acheteur, puis suivis dans le temps.
Il donne une base commune aux arbitrages. Un fournisseur qui dérape sur un critère repéré au scorecard se traite plus vite qu'un fournisseur évalué au ressenti.
Un directeur financier et un responsable achats ne regardent pas les mêmes chiffres. Sept indicateurs reviennent dans les revues de marché et les revues d'activité.
Le GMV (Gross Merchandise Value) mesure le montant total des transactions passées sur une plateforme sur une période donnée. Il inclut les ventes des vendeurs tiers et ne déduit ni les commissions ni les retours. Sur une marketplace, le GMV décrit l'activité de la place. Le chiffre d'affaires de l'opérateur, lui, se calcule sur les commissions.
Confondre les deux donne une fausse idée de la santé du modèle. Une marketplace peut afficher un GMV élevé et une marge d'opérateur faible.
L'AOV (Average Order Value), ou panier moyen, mesure la valeur moyenne d'une commande sur une période donnée. Il se calcule en divisant le chiffre d'affaires total par le nombre de commandes passées.
Sur une marketplace B2B, l'AOV se regarde par segment de vendeurs et par type d'acheteur. Un AOV qui monte sans progression du nombre de commandes traduit un catalogue qui se renchérit, pas une activité qui progresse.
Le tail spend regroupe les achats de faible montant, très nombreux, et non couverts par un accord cadre. Fournitures de bureau, petits équipements, prestations ponctuelles. Pris un par un, ces achats ne justifient pas de négociation. Cumulés, ils représentent une part significative du budget et échappent au pilotage.
Sur une marketplace, le tail spend est souvent le premier gisement d'économies. Rassembler ces achats sur une plateforme unique donne de la visibilité et permet de renégocier.
Le maverick spend désigne les achats engagés en dehors des circuits validés. Sans avenant, sans accord cadre, parfois sans le service achats. Le phénomène est fréquent quand les outils sont complexes ou quand les délais de validation sont trop longs.
Il se mesure en comparant les engagements aux achats effectivement réalisés. L'écart entre les deux indique la part de la dépense qui a échappé au circuit.
Le TCO (Total Cost of Ownership) estime le coût complet d'un produit ou d'un service, de l'achat jusqu'à sa fin de vie. Il additionne le prix d'achat, les coûts d'acquisition, les coûts d'usage et les coûts de sortie, y compris les reprises et les rebut.
Deux offres au même prix n'ont pas le même TCO. C'est l'indicateur qui empêche de décider sur le seul prix affiché.
L'addressable spend désigne la part de la dépense réellement influençable par la négociation ou l'arbitrage achats. Le reste, les dépenses imposées ou contractualisées ailleurs, échappe au jeu. Le cost avoidance mesure quant à lui l'augmentation de coût évitée, par une renégociation ou un changement de fournisseur.
Ces deux notions clarifient les promesses d'économies. Une économie se constate sur un budget exécuté. Un coût évité se démontre sur un scénario.
Les KPI fournisseurs (Key Performance Indicators) sont les valeurs mesurables qui suivent la performance d'un fournisseur dans le temps. Elles indiquent quand une action corrective devient nécessaire. Les plus courants portent sur le respect des délais, la qualité des livraisons, la réactivité et la conformité documentaire.
Ils alimentent le supplier scorecard. Sans suivi régulier, ils ne servent qu'au moment du renouvellement, trop tard pour agir.
Quand une place de marché démarre, le vocabulaire change. On parle de liquidité, de take rate, d'effets de réseau. Ces termes ne décrivent pas les achats de l'entreprise. Ils décrivent la santé de la place de marché elle-même. Ce glossaire marketplace en rassemble les sept notions qui reviennent dans les revues d'activité.
Le take rate est le taux de commission que l'opérateur prélève sur chaque transaction entre un acheteur et un vendeur. Il se calcule en divisant le revenu de la place par le volume des transactions passées. C'est l'indicateur qui relie l'activité de la plateforme à son chiffre d'affaires.
Un take rate élevé ne vaut rien sans volume. Un take rate faible sur un gros volume peut donner un modèle rentable. Les deux se lisent ensemble.
La liquidité mesure la probabilité qu'une recherche d'un acheteur trouve une offre, et qu'une mise en vente trouve un acheteur. Une place est liquide quand un acheteur qui arrive trouve ce qu'il cherche et repart avec une commande. Elle ne l'est pas quand il repart sans rien.
La liquidité est le premier indicateur à suivre au lancement. Elle dit si la place fonctionne avant même que le chiffre d'affaires ne soit significatif.
Le match rate mesure la part des recherches ou des mises en vente qui aboutissent à une transaction. Le time to match indique le temps qu'il faut pour qu'un acheteur et un vendeur trouvent une correspondance. Les deux se suivent ensemble. Un match rate correct avec un time to match long indique un catalogue qui finit par convertir, mais lentement.
Un effet de réseau se produit quand l'ajout d'un utilisateur rend le service plus utile pour les autres. Sur une marketplace, chaque vendeur supplémentaire rend la place plus intéressante pour les acheteurs, et chaque acheteur supplémentaire pour les vendeurs. C'est le mécanisme qui fait grandir une place de marché une fois la masse critique atteinte.
Les effets de réseau jouent dans les deux sens. Trop de vendeurs sur un marché étroit créent de la dispersion et dégradent la découverte. La concentration de l'offre se surveille autant que sa profondeur.
Le multi-tenanting désigne les utilisateurs qui fréquentent plusieurs places concurrentes en même temps. Un acheteur qui commande sur votre plateforme et sur celle d'un concurrent ne vous est pas fidèle. Ce comportement se mesure en comparant les volumes par utilisateur sur une période donnée.
Il se réduit quand le passage d'une place à l'autre coûte cher. Les coûts de changement se mesurent en temps, en données à réintégrer et en habitudes de travail à reprendre. Plus ils sont élevés, plus l'utilisateur reste.
La concentration décrit la part du volume que représentent les premiers vendeurs de la place. Une place dépendante de trois fournisseurs pour l'essentiel de son activité est fragile. Une place où aucun vendeur ne pèse disproportionnellement est plus solide et plus défendable.
Cet indicateur se regarde côté offre autant que côté demande. Une concentration trop forte des acheteurs produit la même fragilité.
Le tiers de confiance est l'instance qui garantit que les échanges entre acheteurs et vendeurs se déroulent correctement. Sur une marketplace, l'opérateur joue ce rôle. Il vérifie les vendeurs, arbitre les litiges, garantit les paiements et fait respecter les règles de la place.
Le statut ne se décrète pas. Il se construit sur la qualité du suivi et la régularité des décisions.
Une fois le fournisseur sélectionné, il reste à commander, recevoir, contrôler et payer. Sept termes décrivent cette chaîne.
Le P2P (Procure-to-Pay) couvre le cycle complet d'un achat, de la demande interne jusqu'au paiement du fournisseur. Il inclut la validation, la commande, la réception, la facturation et le règlement.
Le S2P (Source-to-Pay) ajoute en amont le sourcing, la négociation et la contractualisation. Le premier traite l'opérationnel, le second la stratégie.
Le bon de commande (purchase order) est le document commercial par lequel l'acheteur confirme au vendeur les biens ou services demandés, avec les quantités et les spécifications. Il engage l'entreprise et sert de référence à toute la suite.
Sur une marketplace, le bon de commande transite par la plateforme avant de rejoindre le système du vendeur. Sa traçabilité conditionne le rapprochement comptable.
Le rapprochement trois voies (three-way match) contrôle la cohérence entre le bon de commande, le bon de réception et la facture. Le système vérifie les montants et les quantités avant de libérer le paiement.
C'est le point de contrôle qui arrête les factures erronées. Sans lui, chaque écart se règle en contentieux.
Le lead time est le temps qui sépare la commande de la livraison. L'OTIF (On Time In Full) mesure la part des livraisons reçues en entier et à la date promise. Les deux se lisent ensemble, l'un donne la durée, l'autre la fiabilité.
Sur une marketplace multi-vendeurs, ils se suivent par vendeur. Un retard isolé se corrige. Un retard récurrent pénalise toute la place.
La MOQ (Minimum Order Quantity) est la plus petite quantité qu'un acheteur peut commander à un fournisseur. Elle contraint les petits volumes et pèse sur le tail spend. Le stock géré par le fournisseur (vendor-managed inventory) inverse la logique, le fournisseur surveille lui-même la consommation de son client et réapprovisionne selon l'usage réel.
Les deux mécanismes se négocient au contrat. Ils conditionnent la réactivité de toute la chaîne.
Le SLA (Service Level Agreement) formalise le niveau de service attendu d'un prestataire ou d'un fournisseur. Il précise le périmètre, les responsabilités de chacun et la procédure d'escalade en cas de problème. Il devient opposable dès qu'il est référencé au contrat.
Sur une marketplace, il encadre le plus souvent le support, les délais de traitement et la disponibilité de la plateforme.
Une marketplace qui fonctionne sans son système d'information produit des commandes que la comptabilité ne voit pas. Trois termes décrivent la manière dont les données circulent.
L'EDI (Electronic Data Interchange) est l'échange informatisé de documents commerciaux entre partenaires, dans un format standard. Il fonctionne sans intervention humaine et remplace le papier, le fax et l'e-mail. Commandes, factures et avis d'expédition circulent d'un système à l'autre.
Il reste le socle de l'intégration B2B, y compris sur les places de marché qui héritent d'un parc fournisseurs équipé.
L'ERP (Enterprise Resource Planning) est le système qui centralise les processus de l'entreprise, achats, stocks, production, finance, ressources humaines. Il fait la jonction entre les demandes internes et les engagements extérieurs.
La marketplace ne le remplace pas. Elle s'y raccorde pour que les commandes, les stocks et les factures restent cohérents.
Le cXML est un format d'échange de données utilisé pour transmettre les commandes, les factures et les avis d'expédition entre systèmes. Le punchout désigne la technique qui connecte le catalogue d'un fournisseur au portail d'achat de son client. L'acheteur consulte le catalogue du fournisseur sans quitter son outil, puis la commande revient dans son système.
Ces deux mécanismes sont au cœur de l'intégration d'une marketplace à un ERP. Ils conditionnent la fluidité des flux de commande et de facturation.
Sélectionner un fournisseur ne suffit pas. Il reste à organiser la relation, à découper la dépense et à maintenir un référentiel fiable. Quatre notions structurent ce travail.
Le SRM (Supplier Relationship Management) est la gestion globale des relations entre acheteurs et fournisseurs, proportionnée à la criticité des biens ou services achetés. Les fournisseurs stratégiques reçoivent un suivi rapproché. Les fournisseurs de routine restent sur un circuit standard.
L'objectif est d'aligner l'effort de gestion sur le risque réel. Passer le même temps sur tous les fournisseurs n'est jamais rentable.
Le category management découpe la dépense de l'entreprise en catégories homogènes de produits et de services, par exemple l'informatique, les équipements, la maintenance. Chaque catégorie devient une unité de pilotage avec sa stratégie, ses fournisseurs privilégiés et ses indicateurs.
C'est la méthode qui fait sortir les achats du traitement ligne par ligne. Elle donne une vue exploitable à la direction.
Le strategic sourcing conduit la sélection des fournisseurs sur les produits et services centraux de l'entreprise. Il va au-delà de la consultation ponctuelle, avec une analyse du marché, une construction de la stratégie d'achat et une gestion de la relation dans la durée.
Il se distingue de l'achat tactique, qui traite un besoin isolé. Les deux coexistent dans toutes les organisations.
La liste des fournisseurs agréés (approved supplier list) recense les fournisseurs retenus pour leur capacité technique, fonctionnelle ou financière à répondre aux besoins de l'entreprise. Elle conditionne le droit de commander.
Sur une marketplace, elle s'épaissit à chaque onboarding validé. La tenir à jour protège autant les acheteurs que l'opérateur.
Neuf sujets réglementaires pèsent sur les achats B2B et les places de marché. Ils s'imposent aux opérateurs comme aux entreprises qui achètent.
Le KYC (Know Your Customer) vérifie l'identité d'un client ou d'un fournisseur. Le KYB (Know Your Business) vérifie celle d'une entreprise, son existence légale, ses bénéficiaires effectifs, sa situation financière. Ces vérifications sont obligatoires dans le cadre de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.
Sur une marketplace, le KYC/KYB intervient à l'onboarding de chaque vendeur. Il conditionne l'ouverture des droits de vente et le déblocage des paiements.
Le DPP (Digital Product Passport) est un registre numérique qui accompagne un produit tout au long de sa vie. Il documente sa composition, son origine, ses conditions de fabrication, ses possibilités de réparation et de recyclage. Il est prévu par le règlement européen ESPR sur l'écoconception des produits durables.
Le calendrier officiel de la Commission européenne annonce les actes délégués pour les textiles, l'aluminium et les pneumatiques au troisième et au quatrième trimestre 2027. Le mobilier suit en 2028. Les matelas et le contenu recyclé arrivent en 2029.
La facturation électronique devient obligatoire en France pour les transactions entre assujettis. Le calendrier dépend de la taille des entreprises et de la nature des opérations. Une place de marché qui traite des transactions B2B doit anticiper la conformité des factures de ses vendeurs.
Le DSA (Digital Services Act) est le règlement européen sur les services numériques. Pour les places de marché, il impose de mieux tracer les vendeurs qui proposent des produits ou des services, en recueillant des informations précises sur le professionnel avant de l'autoriser à vendre et en vérifiant leur fiabilité. Il exige aussi d'en informer les acheteurs.
Concrètement, l'onboarding vendeur devient une obligation de preuve. Une fiche vendeur incomplète n'est plus seulement une mauvaise expérience, c'est un manquement.
Le règlement P2B (Platform-to-Business, règlement 2019/1150) encadre la relation entre les plateformes d'intermédiation en ligne et les entreprises qui les utilisent. Adopté en juin 2019 et applicable depuis le 12 juillet 2020, il vise un environnement équitable, transparent et prévisible pour les vendeurs.
Il oblige l'opérateur à motiver à l'avance toute restriction, suspension ou résiliation de compte, à laisser la possibilité d'un recours et à rétablir les comptes fermés par erreur. Il impose également de rendre les conditions générales accessibles à chaque étape et d'expliquer les modalités de classement des offres. Au-delà de cinquante salariés et dix millions d'euros de chiffre d'affaires, l'opérateur doit mettre en place un système interne de traitement des réclamations.
La DAC7 (directive 2021/514) impose aux exploitants de plateformes numériques de déclarer les revenus réalisés par les vendeurs qui utilisent leur service. Entrée en vigueur le 1er janvier 2023, elle transfère à l'exploitant la charge de collecter et de vérifier les informations sur chaque vendeur.
Elle prévoit des procédures de due diligence et des sanctions en cas de manquement. Pour un opérateur de marketplace, elle transforme la donnée vendeur en obligation fiscale.
Le RGPD encadre le traitement des données personnelles dans l'Union européenne. Il distingue deux rôles. Le responsable de traitement est la personne qui détermine les finalités et les moyens d'un traitement, c'est-à-dire l'objectif poursuivi et la façon de l'atteindre. Le sous-traitant traite les données pour le compte d'un autre organisme, dans le cadre d'un service ou d'une prestation.
Sur une marketplace, l'opérateur est responsable de traitement pour les données de sa plateforme et souvent sous-traitant pour celles de ses vendeurs. Le contrat de chaque vendeur doit le dire explicitement.
La loi française du 27 mars 2017 sur le devoir de vigilance impose aux sociétés qui emploient plus de cinq mille salariés en leur sein et dans leurs filiales, et dont le siège est en France, d'établir et de publier un plan de vigilance. Ce plan identifie et prévient les risques d'atteinte aux droits humains et à l'environnement qui résultent des activités de la société et de ses sous-traitants.
Pour une entreprise qui ouvre sa marketplace à des vendeurs tiers, le périmètre du plan doit être clarifié. Les vendeurs de la place relèvent-ils de la chaîne d'approvisionnement ou d'un canal de distribution, la réponse change les obligations.
En France, le délai de paiement entre professionnels est encadré par la loi de modernisation de l'économie. Il est de trente jours à défaut de stipulation et ne peut excéder soixante jours par accord contractuel. Une variante à quarante-cinq jours fin de mois est admise si le contrat la prévoit expressément.
Tout retard déclenche des pénalités calculées sur un taux légal majoré, auxquelles s'ajoute une indemnité forfaitaire de recouvrement. Une place de marché qui organise les règlements doit s'assurer que les conditions de ses vendeurs respectent ce cadre.
Le paiement est l'endroit où la place de marché décide ce qu'elle fait du cash des autres. Ce glossaire marketplace en retient trois notions pour cadrer le sujet.
Le PSP (Payment Service Provider) est l'intermédiaire habilité qui relie l'entreprise qui encaisse, le client qui paie, les banques et les réseaux de paiement. Il permet d'accepter plusieurs moyens de paiement depuis une seule solution. En France, ces prestataires sont régulés par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution.
Sur une marketplace, il fait plus que transacter. Il distribue les fonds entre vendeurs, prélève la commission et gère les exceptions, remboursements, avoirs et litiges inclus.
Le split payment découpe le paiement d'une commande entre les différents acteurs concernés, le vendeur, l'opérateur et l'administration si besoin. Le montant encaissé est réparti automatiquement selon des règles définies en amont. Il organise la distribution du cash entre acteurs.
Mal cadré, il devient un problème de réconciliation comptable. La règle de répartition doit être écrite avant le lancement, pas reconstruite dans un tableur ensuite.
L'escrow organise la retenue et la libération des fonds sous condition. L'argent de l'acheteur est conservé par un tiers de confiance jusqu'à la réalisation d'un événement convenu, la livraison, la levée d'un litige, l'expiration d'un délai.
Il protège les deux côtés de la transaction. Il se distingue du split payment, qui répartit des fonds disponibles, là où l'escrow retient des fonds qui ne le sont pas encore.
La marketplace met en relation plusieurs vendeurs indépendants et des acheteurs, sur une plateforme que vous exploitez. L'e-procurement désigne les outils qui cadrent les achats d'une entreprise, ses circuits de validation et ses référentiels fournisseurs. Les deux se rencontrent souvent. Ils ne poursuivent pas le même objectif.
Un outil d'e-procurement cadre les dépenses de l'entreprise qui achète. Une marketplace accueille des vendeurs qui décident d'y proposer leurs offres. Le même mot « fournisseur » recouvre deux contrats différents.
L'opérateur de marketplace fixe les règles de la place, sélectionne les vendeurs et garantit le bon déroulement des transactions. L'outil d'e-procurement applique les règles que l'entreprise acheteuse a fixées pour elle-même. La promesse de l'un s'adresse aux vendeurs, la promesse de l'autre à l'acheteur.
C'est le point de distinction qui guide le cadrage d'un projet. Regardez de quel côté vous faites une promesse, et vous savez quel modèle vous construisez.
Ce glossaire achats B2B et marketplace sert de référence de travail. Il se consulte à l'entrée dont vous avez besoin au moment d'une réunion, d'une négociation ou d'un cadrage de projet.
Deux usages reviennent. Le premier consiste à poser une définition commune avant un arbitrage, quand un comité emploie le même mot pour désigner deux choses différentes. Le second consiste à vérifier ce qu'un indicateur mesure réellement avant de le promettre dans un plan d'affaires.
Si un terme manque, il se pose d'abord en commentaire. La liste s'allongera au fil des chantiers.
Le RFP (Request for Proposal) est la consultation qui demande aux fournisseurs une proposition détaillée, technique et financière. Il décrit le besoin, les critères de sélection et le calendrier d'attribution. Il se distingue du RFQ, centré sur le prix, et du RFI, centré sur la qualification du marché.
Le GMV mesure le montant total des transactions passées sur la plateforme, commissions et retours non déduits. Le chiffre d'affaires de l'opérateur se calcule sur les commissions prélevées. Une marketplace affiche souvent un GMV élevé pour une marge d'opérateur bien plus faible.
Le tail spend regroupe les achats de faible montant, très nombreux, et non couverts par un accord cadre. Pris un par un, ces achats ne justifient pas de négociation. Cumulés, ils représentent une part significative du budget et échappent au pilotage. Les rassembler sur une marketplace donne de la visibilité.
Le DPP documente la composition, l'origine, les conditions de fabrication et les possibilités de recyclage d'un produit. Il est prévu par le règlement européen ESPR. Les premières obligations sectorielles concernent les textiles, l'aluminium et les pneumatiques au troisième et au quatrième trimestre 2027.
Le P2P (Procure-to-Pay) couvre le cycle d'un achat, de la demande interne jusqu'au paiement du fournisseur. Le S2P (Source-to-Pay) ajoute en amont le sourcing, la négociation et la contractualisation. Le premier traite l'opérationnel et le second la stratégie.
Le punchout connecte le catalogue d'un fournisseur au portail d'achat de son client. L'acheteur consulte les offres du fournisseur sans quitter son outil, puis la commande revient dans son système via un format d'échange de données. C'est l'un des mécanismes clés de l'intégration d'une marketplace à un ERP.
Le take rate est le taux de commission que l'opérateur prélève sur chaque transaction. Il se calcule en divisant le revenu de la place par le volume des transactions. Un take rate élevé ne vaut rien sans volume, et un take rate faible sur un gros volume peut donner un modèle rentable.
La liquidité mesure la probabilité qu'une recherche d'acheteur trouve une offre, et qu'une mise en vente trouve un acheteur. Une place est liquide quand un acheteur qui arrive trouve ce qu'il cherche et repart avec une commande. C'est le premier indicateur à suivre au lancement.
Le règlement P2B oblige l'opérateur à motiver toute restriction ou suspension de compte, à ouvrir un recours et à rendre ses conditions générales accessibles. Il impose aussi d'expliquer les modalités de classement des offres. Au-delà de cinquante salariés et dix millions d'euros de chiffre d'affaires, un système interne de traitement des réclamations devient obligatoire.
La DAC7 impose à l'exploitant d'une plateforme de déclarer les revenus réalisés par les vendeurs qui utilisent son service. Entrée en vigueur en janvier 2023, elle lui transfère la charge de collecter et de vérifier les informations sur chaque vendeur, sous peine de sanctions.
Le split payment répartit un paiement disponible entre le vendeur, l'opérateur et les administrations concernées selon des règles définies en amont. L'escrow retient les fonds et ne les libère qu'à la réalisation d'une condition, comme la livraison ou la levée d'un litige. L'un distribue, l'autre retient.
Le TCO (Total Cost of Ownership) estime le coût complet d'un produit ou d'un service, du prix d'achat aux coûts d'usage et de fin de vie. Deux offres au même prix n'ont pas le même TCO. C'est l'indicateur qui empêche de décider sur le seul prix affiché.
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